Le CHU-B a acquis suffisamment d’EPI et leur gestion est faite selon les priorités

Dr CHANY ANGOUONO, chef de service de la pharmacie par intérim.

CHU-B INFOS : Dr Bonjour, vous êtes depuis le début de la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, l’élément principal dans l’acquisition des EPI. Comment vous y êtes pris pour réaliser cette mission ?

►Dr C. ANGOUONO : Au tout début de la crise, avant que l’Afrique ne soit touchée et particulièrement le Congo, nous avions eu quelques semaines qui nous ont permis d’anticiper sur l’approvisionnement en équipement à protection individuelle mais aussi dans la production locale de la solution hydroalcoolique. Mon rôle était de rentrer en contact avec les différents fournisseurs pour l’acquisition en un temps record de ces intrants qui commençaient déjà à se faire rare.

CHU-B INFOS : Au stade actuel de l’évolution de la maladie, disposez-vous d’assez d’EPI, d’intrants et autres matériels devant permettre de mener à bien la riposte contre la Covid-19 auCHU-B ?

►Dr C. ANGOUONO : Aucun pays au monde n’a suffisamment d’EPI ou autres intrants pour tenir longtemps face à cette pandémie, mais la différence se situe sur la gestion de l’utilisation de ces intrants, sur la base des protocoles établis.

CHU-B INFOS : Comment se fait l’acquisition de ce matériel de première nécessité dans la lutte contre cette pandémie ? Et combien cela a couté au CHU-B ?

►Dr C. ANGOUONO : Au Congo l’acquisition se fait soit sur place par les fournisseurs locaux, soit en passant les commandes à l’extérieur, ce qui est sûr cela a coûté et coûte encore très cher au CHU-B.

CHU-B INFOS : Si non, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’acquisition de ces produits ?

►Dr C. ANGOUONO : La forte demande de certains intrants indispensables à la protection individuelle et commune comme les masques et bavettes ont vu leur prix grimper en un temps record. Les dispositions de fermeture des frontières prises par les Etats ont contribué à alourdir la chaine d’approvisionnement et à étirer les délais de livraison. Ce qui fait que nous devons être aux aguets pour ne pas se retrouver en rupture de stocks particulièrement les bavettes chirurgicales.

CHU-B INFOS : Le personnel se plaint de ne pas être bien équipé en EPI, êtes-vous d’avis ?

►Dr C. ANGOUONO : Il y avait au départ une stratégie sur la
priorisation des équipements au niveau des points d’entrée, à savoir : urgences médicales et chirurgicales, urgences pédiatriques, réanimation, consultation mère et enfant, urgences gynécologiques, pneumologie, et aussi les équipements pour le centre d’isolement, le reste des services ont manifesté le désir d’avoir chacun dans son service le même équipement, ce qui a été fait, mais il a fallu passer à la deuxième phase qui était celle de la gestion serrée des quantités dotées dans ces autres services en fonction du planning de travail. A mon avis, je dirai qu’il y a eu plus un problème de communication qu’autre chose.

CHU-B INFOS : Le CHU-B ne soigne pas seulement les cas Covid-19, il continue à offrir des soins dans les autres pathologies, est-ce que vous avez assez des médicaments au niveau de votre pharmacie pour soigner les malades ?

►Dr C. ANGOUONO : Effectivement il y a un suivi en permanence des achats des médicaments essentiels de l’hôpital avec la Direction générale, les procédures d’approvisionnement restent fondamentales pour l’équilibre du stock et sa gestion.

CHU-B INFOS : Comment le CHU-B prépare l’après Covid-19 en matière de médicaments ?

►Dr C. ANGOUONO : La Covid-19 a permis à chaque secteur d’évaluer son niveau d’organisation, c’est en ce sens que la Direction générale travaille avec l’équipe de la pharmacie pour apporter d’autres valeurs ajoutées, notamment dans l’approvisionnement, la sécurisation, la rationalisation et la dispensation du médicament à l’hôpital.